Ma première bouffée de chaleur

Je ne sais pas s’il existe un moment parfait pour vivre sa première bouffée de chaleur, mais je peux confirmer une chose : ce n’est jamais le bon.
On imagine ça comme une petite montée en température, une sorte de léger frisson…
Non, c’est loin d’être ça. C’est bien pire.


Ma première bouffée de chaleur a été un coup d’État hormonal au sens où il y a eu un « avant » et un « après » radical.
Et c’est arrivé sans préavis, brutalement.

Je dormais paisiblement.
Et soudain, je me réveille parce que j’ai chaud. Pas “un peu chaud”. Pas “tiens, j’ai trop mis de couverture”.
Non.
CHAUD.

VRAIMENT SUPER CHAUD.  
De l’intérieur.
Comme si quelqu’un avait décidé d’installer un radiateur dans ma cage thoracique et de pousser le thermostat au max.

Je me redresse, déjà trempée, et là, j’ai ce moment de grande naïveté :
C’est peut-être juste que la chambre est trop chauffée ?
Spoiler : la chambre était à 20 degrés.
Moi, j’étais à 42-43.

Alors, je me débats avec les draps.
Ces choses qu’on aime tellement d’habitude mais qui, cette nuit-là, se sont soudain comportés comme un véritable sauna. Ou une de ces papillotes alu qu’on met au four pour faire cuire à cœur.

Bref…Je vire tout.
Je me remets dessus.
Je les vire encore plus loin et je finis par inventer une technique de ventilation artisanale qui implique une jambe nue et un coin de draps sur les pieds (car bizarrement j’ai très chaud en haut et froid aux pieds).

À côté de moi, mon partenaire se réveille dans un souffle, vaguement inquiet, vaguement confus.
Je le vois, dans son demi-sommeil, essayer de comprendre pourquoi je suis assise droite comme un héron, l’air d’être en train de fondre.
Il me demande :
“Tu as fait un cauchemar ?”
Et moi, au bord de la crise d’apoplexie :
“Non, j’ai chaud. Très très chaud.”

Je retourne me coucher, évidemment sans réussir à dormir.
Parce qu’une fois que la bouffée est passée, qu’est-ce qu’il reste ?
Le frisson.
Ce contraste absurde où tu passes du four au frigo en moins de cinq minutes.
Ton corps devient un climatiseur défectueux en mode aléatoire.

Le lendemain matin, J’espérais qu’il s’agisse d’un phénomène isolé.
Jusqu’à la bouffée de chaleur numéro 2, qui a choisi de se déclencher en pleine réunion Teams.

Je suis là, tirée à quatre épingles, café à la main, prête à dire quelque chose de sérieux…
Et d’un coup, ça commence.
Tu sais, cette montée progressive mais inarrêtable, comme une vague intérieure.
Mes joues deviennent chaudes.
Puis brûlantes.
Puis je me vois dans ma petite fenêtre Teams aussi rouge qu’une tomate.

Je tente de rester professionnelle.
Je souris.
J’enlève mon gilet.
Je me prie en mon fort intérieur : “Pourvu que personne ne le remarque.
Puis je sens une goutte dans mon dos.
Une goutte qui n’a strictement rien à faire là pendant une présentation PowerPoint.

Mon cerveau panique et je perds tous mes moyens :
“Est-ce qu’ils voient que je brille ? Est-ce que j’ai l’air de quelqu’un qui vient de courir un semi-marathon ?”

La réunion s’achève et la bouffée passe.
Comme ça.
Aussi vite qu’elle était arrivée.

Le pire ?
On ne sait jamais quand ça va recommencer.
Ça a quelque chose de comique.
Comique tragique, mais comique.

Depuis, j’ai adopté une stratégie d’adaptation : avoir toujours une bouteille d’eau ou un thé glacé, et surtout : choisir mes vêtements en fonction de leur potentiel de ventilation.

En bref, les gilets sont devenus mes meilleurs amis.

Il paraît également que les ventilateurs USB peuvent sauver la mise… Vous avez déjà essayé ?

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