Je fais partie de ces femmes qui n’ont jamais noté la date de leurs règles.
Quand le gynéco me posait la question fatidique : “quelle est la date de vos dernières règles ?”, j’étais toujours obligée d’improviser pour finalement répondre après un petit “hmm” concentré, un regard vers le plafond, “C’était au début du mois.”
La vérité c’est que le plus souvent je n’en avais aucune idée.
J’ai longtemps vécu dans cet état de flou artistique menstruel, convaincue que je faisais partie d’une espèce rare qui fonctionne à l’instinct et à la chance.
Puis un jour… quelque chose a changé.
Enfin “un jour”… non. Les deux dernières années j’ai vécu un enchainement de petites anomalies comme des signaux faibles que mon cerveau refusait de reconnaître.
D’abord, des intervalles un peu trop longs.
Puis carrément très longs.
Le genre d’intervalles où tu te retrouves dans une pharmacie, un peu gênée, en train d’acheter un test de grossesse avec cette posture du “je jure que c’est juste pour vérifier”.
Deux fois en un an.
Et puis, un moment absolument humiliant dans sa banalité : Je demande à une amie — qui a dix ans de moins, détail important — si elle a un tampon.
Elle m’en passe un, me regarde comme une grande sœur bienveillante et me dit :“Mais… tu n’utilises pas Clue ?”
J’ai fait semblant de connaître.
Bien sûr.
Évidemment.
Qui ne connaît pas Clue, l’application que toutes les femmes modernes utilisent depuis mille ans ?
Moi.
Je ne connaissais pas.
Je l’ai téléchargée.
Parce qu’il fallait que je me rende à l’évidence : mon bricolage approximatif façon “mes règles arrivent quand elles veulent, on verra bien” n’était plus du tout adapté à la situation.
Et là, en entrant les dates sérieusement pour la première fois de ma vie, j’ai découvert que mes cycles, c’était le chaos absolu :
- des cycles de 18 jours,
- puis 52 jours,
- puis 28 jours,
- puis rien pendant trois mois,
- puis une double session au même mois, comme si mon utérus essayait de rattraper le temps.
Malheureusement, Clue ne ment pas.
Et c’est là que j’ai commencé à me dire… Attends. Serait-il possible que je sois en train de… ?
Non.
Ça doit être le stress. Ou la lune. Ou le gluten. Ou les voyages à répétition?
N’importe quoi sauf « ça ».
Jusqu’au jour où j’ai tapé “cycles irréguliers 45 ans” dans Google.
Erreur fatale.
Car Google n’a absolument aucune pitié. Aucune diplomatie.
Il balance “préménopause” en gros, comme si c’était la confirmation d’une condamnation.
Mais le pire, c’est que j’ai senti que c’était vrai.
J’ai senti que mon corps me le murmurait depuis des mois, et que moi je faisais la sourde oreille.
C’est comme ça que j’ai découvert que je faisais déjà partie du club.
Mais ce qui m’a vraiment rassurée, c’est quand j’ai commencé à en parler autour de moi.
Et là, révélation : on est plein dans ce cas.

Note pour le lecteur : cet article n’est sponsorisé par Clue.
J’ai toujours utilisé la version gratuite – qui à mon avis est bien suffisante et leur permet déjà d’engranger un MAX de données sur mon cycle, mes états d’âme, etc…
Si vous connaissez une autre application plus vertueuse, je suis preneuse !

